Décennie internationale d’actions
« L’eau, source de vie »     2005 – 2015

 

 EDUQUER AU DEVELOPPEMENT DURABLE

LE MAPEX,
(management de projets d’excellence)
un outil du développement durable efficace  pour l’effectivité de l’eau comme source de vie 

COOPERATION INTERNATIONALE MUTLI-NIVEAUX DU MAPEX DANS LE DOMAINE DE L’EAU

Martinique, Congo, Cameroun,  ……….

ACTION 1 : MAPEX EAU SOURCE DE VIE « RIVIERES DE MARTINIQUE  »

 

 

REQUIEM  POUR QUE LES RIVIERES DE MARTINIQUE RESTENT UNE EAU SOURCE DE VIE

 

Plaidoyer pour la reconnaissance  internationale  des rivières, eau source de vie, comme un élément fondamental du patrimoine de la Martinique

PARTITION A QUATRE MAINS  AFIN QUE LES RIVIERES SOIENT PROTEGEES ET VALORISEES, COMME ELEMENT VITAL DU PATRIMOINE ET QU’ELLES CONTINUENT A COULER  ABONDAMMENT  DANS LE CŒUR ET DANS LA VIE  DE LA POPULATION

 « Les rivières martiniquaises coulent dans mes veines, irriguent mon cœur en me rappellent à chaque instant la vie qu’elle représente : les joies que j’ai éprouvées dans les souvenirs de mon enfance et les bonheurs que je ressens encore aujourd’hui. Elles me permettent de ne jamais oublier qu’elles sont un héritage sacré de mon histoire qu’il faut sans cesse protéger ; afin que coule de source leur transmission et qu’elles soient surtout une eau, source de vie  pour les générations futures ».

 

 

INTRODUCTION

Selon le dictionnaire Larousse, «  une rivière est  un cours d’eau de faible ou moyenne importance qui se jette dans un autre cours d’eau ». Dans une définition courante, une rivière est un cours d’eau d’une certaine importance sans autre égard à son débouché. Elles font donc  partie des zones humides qui abritent de nombreux habitats et diverses espèces et hébergent divers écosystèmes, de la source à leur embouchure.

LA RIVIERE A COMME ORIGINE, LA SOURCE

Il convient de rappeler que l’origine de la rivière s’appelle la source.

LES MULTIPLES USAGES DE LA RIVIERE

Les usages varient suivant le temps ou le lieu, elles ont été ou sont utilisées pour :

  • la boisson
  • la pêche,
  • le transport (de personnes et/ou marchandises ou matériaux).
  • l’irrigation,
  • l’arrosage,
  • l’eau pour le bétail,
  • les loisirs ( raft, canoë, kayak )
  • sa force de l’eau aussi bien pour :
    • mettre en mouvement des objets (moulins ) , des machines..
    • produire de l’électricité

LES RIVIERES, UN ENJEU MAJEUR DE DIMENSION INTERNATIONALE

Les rivières font l’objet de nombreuses pollutions. En effet, aujourd’hui, les organismes d’eau douce sont  parmi les espèces les plus menacées dans le monde. Une étude internationale  de l’année 2010 ( Peter McIntyre, « World’s rivers in ‘crisis state’ », dans Nature ,  30 septembre 2010 ), a révélé que 80% de la population mondiale vit dans des zones où les rivières sont menacées ( taux d’urbanisation, développement agricole et industriel, captage d’eau, niveau de pollution, etc. ) et de ce fait ces points menacent les populations limitrophes.

I ) JADIS, LES RIVIERES DE LA MARTINIQUE, UNE EAU SOURCE DE VIE

La Martinique est une île, une zone non interconnectée et qui dépend des ressources naturelles. Les rivières sont donc considérées comme une véritable source de vie à protéger absolument.

Dans le cadre du projet « MAPEX, eau source de vie », les rivières sont considérées comme un baromètre. En Martinique, ce sont les rivières qui mesurent la vie de l’écosystème dans lequel nous sommes amenés à évoluer.

POURQUOI LES RIVIERES SONT-ELLES SI IMPORTANTES ? A QUOI SERVAIENT-ELLES ?

En Martinique, il existe plus de 150 rivières. Un nombre impressionnant pour une petite île d’à peine plus de 1000 Km2. Pour comprendre ce projet, il faut revenir à l’histoire,  dans notre cas d’espèce celle de la Martinique. En effet,  l’histoire de la Martinique est imbriquée dans  celle des rivières. Il faut donc reprendre l’histoire martiniquaise :

  • Pourquoi tous les habitants allaient à la rivière ?
  • Qu’allaient-ils y faire ? ils allaient :
    • Récupérer de l’eau à boire
    • Récupérer de l’eau pour faire les repas
    • Récupérer pour irriguer les jardins tropicaux
    • Laver les vêtements
    • Se laver
    • Laver la vaisselle
    • Pêcher, récupérer de quoi ce nourrir ….

A cette époque, quels étaient leurs comportements par rapport à la rivière ?

  • Ils la considéraient comme une eau, source de vie et de ce fait, ils protégeaient  cette source, qui était le point névralgique de leur fonctionnement
  • En effet, la rivière se trouvait au centre des mouvements de la société comme un vrai pilier de rapprochement de la population
  • Par conséquent, elle restait fortement accessible à tous, ne laissant jamais personne sans rien, elle avait toujours tout à offrir gracieusement….

II ) PUIS, L’ARRIVEE DE L’ASSAINISSEMENT A MODIFIE LE COMPORTEMENT DE LA POPULATION

QUE S’EST-IL DONC PASSé ?

La population martiniquaise est en constante augmentation, même aujourd’hui avec plus de 400 000 habitants répartis dans 34 communes. Ces dernières ont aménagé des espaces urbains pour accueillir les foyers martiniquais. Pour ce faire, des projets d’assainissement ont été réalisés pour faciliter l’accès à l’eau. Le choix retenu a été le captage d’eau des rivières et non la mise œuvre de forage. Cette technique  permet de pomper l’eau des nappes phréatiques qui sont très nombreuses sur le territoire. Pourquoi ce choix ? Diverses questions sont donc soulevées :

  • pourquoi avoir choisi cette solution ?
  • d’autres solutions existaient-elles à l’époque ?
  • qu’est-ce qui a été privilégié ?
  • pourquoi l’a-on privilégié ?

Le coût moins élevé du captage d’eau des rivières a été décisif dans le choix technique. Il convient de souligner qu’un des systèmes de captage d’eau est moins couteux  à court terme. En effet, face au forage,   il a été choisi la solution la moins couteuse à court terme et la plus rapide à mettre en œuvre.

QUELLES EN SONT LES CONSEQUENCES ?

A l’issue de cette décision, les cartes ont été redistribuées et cela a changé la donne :

  • Le comportement de la population est compréhensible :
    • Il faut préciser qu’avec l’arrivée de l’eau directement dans le robinet sans plus aucun effort à faire. Il n’y a donc plus de prise de conscience de l’importance de la rivière. Pourquoi ? Certains avancent que   :
      • Les habitants ont-ils oublié leur tradition prenant la modernité comme gage de vérité (tout serait devenu plus facile, ils seraient  allégés de ce qu’ils croyaient être de lourds fardeaux) ?
      • Les générations suivantes ont-elles été éduquées dans l’appropriation et la préservation de  leur patrimoine ? Puisqu’il suffit d’ouvrir le robinet pour profiter pleinement de l’eau. Vu qu’ils n’ont aucun effort à faire, ont-ils seulement l’idée de savoir comment l’eau du robinet est captée et cherchent-ils à le savoir ?.…….

III ) POURTANT,  C’EST BIEN L’EAU DES RIVIERES QU’ON CONTINUE DE POMPER POUR SUBVENIR AUX BESOINS DE L’ASSAINISSEMENT

SCENARIO POUR UNE MEILLEURE PRISE DE CONSCIENCE :

Les rivières ont toute leur importance dans notre écosystème.  Aussi, l’eau pompée qui arrive dans les foyers  provient de la rivière, et non dans les nappes phréatiques.  S’il n’y a plus de rivières, il n’y a plus de captage donc plus de possibilité d’avoir l’eau directement dans son robinet ; c’est par ricochet l’arrêt de toute source de vie. Il faut souligner qu’avant, les gens buvaient l’eau des rivières car elle n’était pas polluée. Aujourd’hui, de plus en plus cette eau est victime de pollutions et d’agressions de toutes parts. Si la rivière est polluée et ne cesse de l’être, les coûts d’accès à l’eau deviendront de plus en plus chers.

De même, si les êtres vivants qui vivent dans les rivières et aux abords disparaissent, cela aura de graves conséquences sur notre écosystème. Par exemple celle cribiches ( nom local d’une des espèces d’écrevisses qui habitent les cours d’eaux de la Martinique ) ; et aussi des Zabitans ( qui sont caractérisés par ses très longues pinces et leur taille qui peut dépasser celle d’une jeune langouste. S’ils  sont très côtés culinairement, cela n’empêche pas à cause de leur dépeuplement  qu’ils soient souvent remplacés par l’écrevisse d’élevage qui n’ont pas du tout le même goût).

Si l’eau des rivières ne sert plus qu’à donner à boire à la population, toute forme de reproduction va disparaitre. Comme cité plus haut, l’espèce «  Zabitans ».  Une question est quand même soulevée : pourquoi les gens prendraient cette disparition en compte alors qu’ils peuvent aller dans les grandes surfaces et acheter des crevettes de bassins.

IV ) PROPOSITIONS AFIN QUE LES RIVIERES RESTENT UNE EAU, SOURCE DE VIE

Aujourd’hui, il faut plus que jamais offrir un avenir viable à tous. Plusieurs préconisations sont possibles :

  • Il faut des zones d’exclusion où le monde animal et végétal a tous les droits, quelle que soit l’importance de la personne. Ainsi, il faut créer un droit des espaces remarquables, , et cela n’existe nulle part.
  • Il convient de conserver encore les retenues d’eau comme vraies sources de vie. Elles permettent d’arroser les cultures et d’avoir un endroit pour les êtres vivants. De même, les rivières sont de vrais corridors biologiques indispensables  qu’il ne faut en aucun cas fragmenter de manière artificielle sans y annexer des mesures compensatoires.
  •  Il faut réfléchir à une solution : les ZPR, les zones de  protections pour les rivières. Un peu ce qu’à fait le gouvernement de l’ile de grenade où l’environnement pèse sur les décisions prises dans tous les domaines y compris en matière touristique.

 

  • Il faut encourager certains pêcheurs à relâcher les Zabitans et cribiches ayant des œufs. Imaginez un seul instant que l’on tue toutes les femmes enceintes, il n’y aura plus de reproduction ; donc il n’y aura plus de source de vie donc plus de descendance ;  et les personnes eux-mêmes commettant ces actes arrêteront l’histoire. L’histoire de la Martinique doit continuer car il faut laisser en héritage une eau source de vie aux générations futures.

V ) LA PRESERVATION ET LA VALORISATION DES RIVIERES, UNE PRIORITE VITALE POUR LA  MARTINIQUE

Aujourd’hui, il convient de continuer à garder précieusement et valoriser et de lé «  SA KI TA NOU » ( ce qui nous appartient) :

  • La Martinique est un paradis qu’il faut protéger
  • C’est une île non-interconnectée (quand il n’y a pas d’électricité en France, cette dernière peut demander à l’Allemagne, ce qui n’est pas le cas de la Martinique)
  • La Martinique est un petit territoire, une zone non extensible. Chaque action peut avoir des ramifications sur tout le pays.
  • sur une petite île, on ne peut pas passer en force car sa petitesse la rend plus  fragile et plus vulnérable

Nous pouvons encore continuer à protéger la Martinique, ce bijou si tout le monde est OK sur la manière d’y arriver. Il faut mutualiser les moyens et les compétences pour aboutir à une solution durable à prix abordable. Le plus important, c’est la préservation de nos ressources naturelles. En la préservant, nous garantissons une vie équilibrée à la population actuelle et future. Cette problématique des rivières qui doit être remise au cœur des préoccupations de tous, doit nous permettre de réfléchir ensemble à l’issue la plus juste de protection et de valorisation des rivières comme élément extraordinaire de notre patrimoine.

La facilité d’accès à l’eau, via le robinet,  a-t-elle entraîné un comportement contraire à nos aïeux et  à ceux qui protégeaient nos ressources naturelles ? Que représentent les rivières pour de nombreux habitants ? Voient –ils l’eau des rivières, comme une vraie source de vie ? Engagent-ils des actions pour protéger et valoriser les rivières ?

VI )  ZOOM  SUR LE MAPEX, management de projet d’excellence, «  EAU SOURCE DE VIE : BO LA RIVIE ( A la rivière )

Nous sommes allés à la rencontre de Monsieur BURNET qui est responsable du projet BO LA RIVIE. A notre arrivée, nous étions complètement dépaysés, transportés dans un havre de paix avec pour musique, le doux chant de la rivière qui nous a rempli d’un vrai bonheur d’une valeur inestimable. Le temps s’est arrêté et Monsieur BURNET, les yeux remplis de passion, nous a raconté…..

« Le développement durable qui permet de développer un pays, c’est l’affaire de toute une population. Il vise à améliorer la vie des gens. Avant, quand les gens allaient à la rivière, ils la protégeaient. En effet, l’eau  c’est la vie, quand les gens protègent la rivière, ils protègent la vie ».

 

 

 

 

Notre projet entre bien dans le cadre du MAPEX, management de projets d’excellence

D’une part, il comprend inéluctablement les trois piliers du développement durable : prospérité pour tous, protection de l’environnement et inclusion pour tous. Aussi, à partir de la rivière, on peut développer durablement une filière :

La prospérité

La création véritable d’une vraie activité économique sur le site :

  •  une équipe qui travaille en continu  ( 7 à 8 personnes )
  • une équipe de saisonniers ( 10 personnes )

Respectueux de l’environnement

Aujourd’hui, il faut aller vite et les produits sont nocifs. Les produits utilisés sont naturels et / ou  sont ceux qui préservent l’environnement. Aller contre un système naturel, c’est aller contre nous-mêmes, si nous protégeons la rivière, nous nous protégeons. Donc, différentes mesures ont été prises afin de préserver l’environnement :

  • l’organisation de la pêche (écrevisses )
    • on ne peut pas prendre des Z’habitants avec des œufs
  • la protection de la rivière et des alentours
    • il est interdit de jeter des objets sur le site ou dans la rivière ( même pas un mouchoir )
    • une protection en profondeur. Souvent des personnes trouvent normal de jeter des pelures d’orange et vous disent «  elles sont  biodégradables ». Les déchets doivent être organisés dans un endroit précis, quand de nombreuses personnes passent, vu la fréquentation du site, cela fait un dépôt d’ordures donc une poubelle à ciel ouvert. Le but est de faire comprendre que chaque geste compte.

Inclusion sociale

Le site peut recevoir jusqu’à 250 personnes par jour  et de petits prix sont pratiqués afin que l’accès soit fortement possible pour tous.

    • une prise de conscience de l’importance de chacun afin d’arriver ensemble au résultat. Si tout le monde est valorisé du fait de leur action, cela génère un rêve commun inclusion tous sans exception. Nous avons donc tous intérêt que nos actions allaient vers l’excellence comprenant un humain avec du bon sens. Ce n’est qu’à cet instant que nous pourrons avoir un retour durable.

D’autre part, il met en exergue les critères de l’excellence : l’espoir, la paix, la redistribution des richesses, diversité, le cadrage de l’action, le bon sens. ..

Espoir et paix

Au début, les pécheurs avaient fait des objections concernant le projet car il fallait gérer en amont et aval la rivière en précisant les choses possibles et aussi celles qui ne l’étaient pas. Surprise, après 8 mois, ce sont les pêcheurs qui sont venus remercier car les Zabitants étaient revenus et leur longueur était devenue impressionnante.

La redistribution des richesses

2 à 400 adhérents ont adhéré de façon formelle au projet et quand un adhérent parraine quelqu’un, il perçoit une rétribution. Ce qui entraine une redistribution significative des  richesses. Les personnes qui se sentent concernés se disent « quand tu attaques la rivière, c’est moi que tu attaques directement ». Le but est de créer un vrai réseau de protection  et de valorisation de la rivière.  Plus il y a des gens concernés, plus la prise de conscience sera grande.

Diversité

C’est avec joie que nous recevons toutes les nationalités qui baignent avec toujours un grand émerveillement dans notre histoire. Il y a un profond respect des spécificités avec une possibilité de réception des personnes à mobilité réduite avec visée de perspectives d’intégration totale.

Le cadrage de l’action : respect et la rigueur

    • Quand vous êtes dans un aéroport et que l’on vous dit de ne pas transporter des plantes, c’est la loi  et vous ne pouvez l’outrepasser : il n’est pas possible de transporter de plantes. Il en va de même pour le site, sur lequel on ne peut pas faire tout et n’importe quoi. En effet, il y a des règles à respecter  dans l’intérêt de tous.

Le bon sens

Nous allons accentuer notre travail sur l’aménagement des lois portant sur les rivières. Aussi, il existe souvent un problème d’adaptation des lois par rapport au territoire, souvent des lois sont prises pour protéger les rivières sans prendre en compte la réalité du terrain Martinique et de son histoire. Il faut une écoute attentive des personnes du terrain, les spécialistes de la rivière sont ceux qui l’aiment et ceux qui ont appris à la respecter.

Quand on achète des bonbons, 2 solutions :

  • « Les manger  tous tout de suite «  et ne  rien avoir demain
  • Ou manger « un peu chaque jour, partager et garder pour les jours suivants, « c’est le secret du projet
    • Je vais m’organiser pour manger un peu aujourd’hui et j’en aurai pour demain.

Aussi, Si on ne protège pas la rivière, on ne travaille que pour un temps, il convient de responsabiliser chacun sinon  le site ne sera pas viable. Pour qu’une action ait du sens sur le développement de l’économie globale, qu’elle devienne un outil de développement économique tout en permettant l’inclusion de tous en assurant la protection de l’environnement, elle doit être conduite intelligemment,  il faut que cela fasse vivre l’Homme. C’est une affaire de bon sens. Les rivières sont parties intégrantes du patrimoine martiniquais et une extraordinaire source de vie accessible à tous les habitants. De ce fait, il convient plus que jamais de les préserver afin de  nager ensemble dans le bonheur d’avoir une rivière reconnue comme vraie source de vie…..